Lyon, hôpital Desgenettes : l’UNP participe à une réflexion sur « les nouvelles menaces »

A l’initiative de Bernard Massoubre, Pharmacien principal (r), cette 5è Journée Éthique de l’Hôpital d’Instruction des Armées Desgenettes a rassemblé le 14 mars une dizaine d’intervenants sur le thème «  Les nouvelles menaces, les menaces non palpables » et une centaine de participants, parmi lesquels quatre parachutistes de l’UNP-CLI de Lyon. Ces journées annuelles ont pour vocation de rendre concret le travail des armées et plus généralement des forces qui contribuent à la sécurité de notre pays et de faire se rencontrer des mondes qui, s’ils se complètent et s’entraident, ne se connaissent pas toujours très bien.
Le premier à intervenir était le général Manuel Salazar, vice-président de l’Union Nationale des Parachutistes, section de Lyon.

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Intervention du général Manuel Salazar, vice-président de la section UNP-CLI de Lyon. « Franchir la porte de l’avion rend égaux le chef le plus prestigieux et le plus humble des paras » (photo P.R.)


Plutôt que s’en tenir au strict énoncé du thème, « L’implication des parachutistes face aux nouvelles menaces », il a choisi de nous faire partager la réalité des combats sur le terrain, menés par ces parachutistes qui sont aussi ceux que nous rencontrons dans l’opération Sentinelle : même encadrement, même armement individuel, des missions de surveillance et de dissuasion similaires, même entraînement et même volonté de servir la France, avec le calme, la vigilance et le professionnalisme que nous avons vu à l’œuvre au musée du Louvre, à Nice et, plus récemment, à l’aéroport d’Orly.
S’appuyant sur deux extraits de vidéos sur Serval et Barkhane, il a rappelé les opérations aéroportées de l’histoire contemporaine – 2 è Guerre Mondiale, Indochine, Algérie – et relevé qu’il y avait eu peu d’opérations aéroportées dans les années quatre-vingt-dix et deux-mille mais qu’elles avaient repris un rythme plus soutenu après 2007. Il a expliqué  les modes d’action des parachutistes au public composé en majorité de professionnels de la santé : approche discrète de l’objectif et souvent de nuit, adaptation et souplesse, imprévisibilité, autant de caractéristiques propres à créer un climat d’insécurité, voire de sidération chez l’ennemi. Fort de son expérience encore récente d’adjoint au Commandant de la 11è Brigade Parachutiste, de chef d’état-major du Commandement des Opérations Spéciales et de chef de Bureau Opérations Instruction au 13 è Régiment de Dragons Parachutistes, il a décrit la mise en alerte des régiments et rappelé que nombre de gendarmes et policiers, parmi les meilleurs, sont brevetés parachutistes et partagent les mêmes valeurs : respect des anciens, respect de l’esprit parachutiste, sens de la mission, motivation. « Franchir la porte de l’avion rend égaux le chef le plus prestigieux et le plus humble des paras » a-t-il souligné.
En réponse une question sur le taux de féminisation des armées, il a précisé que les femmes avaient toute leur place dans les armées mais que certains postes faisant appel à des efforts physiques importants leur étaient naturellement difficiles, même si des médecins et infirmières en opérations pouvaient porter des charges élevées, comme leur trousse de santé complète.

Sentinelle et Mali

Le reste de la journée a été consacré à des thèmes différents, mais complémentaires et fort intéressants :

  • « l’état de droit, l’état d’urgence », par Marie-France C., maître de conférence des universités 
  • «  la police face aux nouvelles menaces », par le Cdt Jean-Pierre V. de la BRI
  • «  le profilage » par François-Xavier L., du Laboratoire de Police Scientifique d’Ecully
  • « les engins explosifs improvisés » par l’adjudant-chef (r) Gilles R. : de nombreux exemples, avec photos et vidéos impressionnantes à l’appui. Typologie des EEI, prévention et conduite à tenir.
  • « la surveillance des réseaux numériques terroristes » par Benjamin S., de la DGSI : prévention et répression de la cybercriminalité où les trafics en tous genres côtoient et alimentent le terrorisme.
  • « la menace biologique » par le Dr Sylvestre T.
  • « la menace nucléaire », par Géraldine P-J, médecin-principal (r) et membre de l’AOR : un rappel utile des différents risques nucléaires 
  • « la menace chimique, une menace difficilement palpable », par Cédric T-P : des risques souvent plus industriels que terroristes ou militaires.

En guise de conclusion, faite par Anaïs Choulet, universitaire : «  le terrorisme est une forme d’action et un acte politique qui demande une réponse politique. »

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