24 août 2016 : 72è anniversaire de la libération de la prison de Montluc, Lyon

Mercredi soir s’est déroulée à Lyon une cérémonie marquant le 72è anniversaire de la libération de la prison de Montluc, organisée par l’Association des Fils et Filles des Déportés Juifs de France, la Fondation Maréchal de Lattre, et les associations des Résistants, d’Internés et de Déportés du Rhône parmi lesquelles l’Association des Rescapés de Montluc. Trois « bérets rouges » étaient présents, dont le vice-président et l’un des porte-drapeaux de l’Union Nationale des Parachutistes, section de Lyon.
« Les crimes contre l’humanité n’ont pas commencé dans les camps de la mort mais lorsque des policiers, miliciens ou gestapistes ont monté les escaliers pour venir chercher des juifs, des résistants ou des otages » a rappelé l’un des orateurs avant les dépôts de gerbes par les autorités. L’assistance a ensuite écouté avec émotion la Chanson de Montluc, le Chant des Partisans et le Chant des Marais.
Laura Salque


thRéquisitionnée par les Allemands en 1942, la prison de Montluc devint un lieu d’internement où furent détenus plus de 7700 juifs, résistants et otages dont la plupart furent torturés par la Gestapo, fusillés ou déportés. La prison fonctionnait en liaison avec le siège de la Gestapo, avenue Berthelot dans les locaux de l’Ecole de Santé Militaire, où étaient effectués les interrogatoires.
A proximité de la prison, les Allemands installèrent à l’été 1943 un tribunal militaire compétent pour la zone sud. Les condamnations capitales prononcées étaient exécutées sur le stand de tir de la Doua, aujourd’hui nécropole nationale. D’autres condamnés étaient fusillés à l’intérieur même de la prison, sur le chemin de ronde à un emplacement désormais appelé le « Mur des fusillés ».
200_180_montluc_couloir_cellules2Après le débarquement de juin 1944, la répression allemande s’est intensifiée et de nombreux massacres furent perpétrés à Lyon et dans les communes avoisinantes, en représailles à l’avance alliée et aux actions de la Résistance. Entre avril et août 1944, plus de six cents prisonniers furent ainsi exécutés à Saint-Didier de Formans, Toussieu, Bron, Saint-Genis-Laval, etc. Le 24 août, 800 prisonniers furent libérés par la Résistance profitant du départ de leurs geôliers, une semaine avant la libération de Lyon qui aura lieu le 3 septembre.

defaultL’histoire de cette prison ne retient qu’une évasion réussie, celle d’un sous-lieutenant au 5è régiment de tirailleurs marocains, André Devigny. Décoré de la Légion d’Honneur à 23 ans pour un fait d’armes lors de l’invasion allemande, il s’engage dans la résistance militaire et créé le « réseau Gilbert » qui participera à la préparation du débarquement de Provence. Trahi et arrêté en avril 1943, il parvient à s’échapper par le toit de la prison de Montluc après avoir étranglé une sentinelle. Volontaire au bataillon parachutiste de choc, il a participé au débarquement d’août 1944 et est remonté vers l’Alsace, puis l’Allemagne avec la 5è DB de de Lattre. Il a été blessé en Algérie en 1959 et a dirigé la Préparation Militaire Parachutiste pour l’ensemble de la France avant de prendre en mains en 1965 le « Service Action » du SDECE. Il a publié le récit de son évasion dans « Un condamné à mort s’est échappé » qui sera porté à l’écran en 1956 par Robert Bresson. Le général de brigade André Devigny est décédé le 12 février 1999 à Hauteville-sur-Fier en Haute-Savoie.

Mémorial de la prison de Montluc. 4 rue Jeanne Hachette. 69003 Lyon. Métro ligne D, arrêt « Sans Souci ». Tram T4 Arrêt Manufacture-Montluc (150 mètres de l’entrée) ; à proximité aussi C 23 C 25, BUS 69. Visite gratuite, sur réservation : Tél. : 04 78 53 60 41 ou par courriel : reservation@memorial-montluc.fr . www.memorial-montluc.fr

Galerie photos de la cérémonie

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