« Pour le renseignement, faites le 13 »

Invité par le Général (2S) Mestrallet, président de l’ANOCR, le général de division (2S) Georges Lebel donnait mardi 17 novembre au Quartier Général Frère une conférence sur «  le 13è régiment de dragons, de la cavalerie aux forces spéciales ».
Gl LEBEL

Près d’un tiers de l’auditoire était constitué d’anciens parachutistes, dont une dizaine de l’UNP de Lyon et de l’Ain. Georges Lebel est Président de l’Amicale des Anciens du 13è RDP.

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Une dizaine de paras de l’UNP de Lyon et de l’Ain étaient présents, dont des anciens du 13è RDP.

Un régiment qui a su évoluer vers le « renseignement humain »
Encore à cheval en 1914, il a été équipé de chars en 1936 et n’est devenue une unité parachutiste qu’en 1952. A son retour d’Algérie, nous sommes en pleine guerre froide. Le régiment se spécialise dans la collecte du renseignement dans les pays du pacte de Varsovie, leur traitement et leur diffusion. La cache est la marque de fabrique du régiment. Les commandos, totalement autonomes avec leur sac de 60 kg, s’enterrent pendant plusieurs jours, voire semaines, pour observer, photographier, filmer, intercepter les communications de l’adversaire…en silence et avec discrétion. Des équipes traitent le renseignement, d’autres le diffusent sous la forme de communications cryptées, compressées et à fréquences variables. Ils sont armés, mais ouvrir le feu est le signe d’un échec de la mission, la preuve que l’on s’est fait repérer.
Ses paras-commandos seront bientôt amenés à intervenir sur tous les théâtres d’opérations extérieures, soit seuls, soit intégrés quelque temps à d’autres unités. Aujourd’hui basés à Martignas-sur-Jalle, près de Bordeaux, après de longues années à Dieuze, les escadrons dépendent du Commandement des Opérations Spéciales et utilisent les mêmes méthodes, armes, équipements, véhicules que les autres unités des forces spéciales françaises ou de l’OTAN. Ce régiment jouit d’une large autonomie, au service de ses « employeurs » comme le dit Georges Lebel.
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Un entraînement intensif et sélectif
Les 7 escadrons sont spécialisés dans des interventions de nageurs de combat, chuteurs opérationnels, spécialiste en transmissions à hautes fréquences, surveillance par drones et satellites. Lors de certaines sélections, il est fréquent de ne retenir moins de 4 volontaires sur 10.
« Mes hommes étaient capables de marcher de nuit…sur 300 km, derrière les lignes ennemies » précise le Général Lebel. Aujourd’hui, de jeunes réservistes participent – 48 jours par an au lieu de 22 – au soutien opérationnel de ce régiment : informaticiens, linguistes, géopoliticiens, analystes financiers, secouristes, etc. Tous les commandos sont recrutés après le baccalauréat. Ses hommes sont aussi à l’aise dans les environnements naturels extrêmes qu’en zones urbaines… ou dans nos ambassades.
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Des traditions qui perdurent
C’est en Algérie, en 1959, que la Princesse Alix Napoléon est devenue la marraine de ce régiment qui avait servi l’Empereur Napoléon à Hohenlinden, Austerlitz, Iéna et à la Moskowa. Dissout en 1815, à la Restauration, il a été recréé sous Napoléon III. La Princesse est toujours la marraine du régiment et prend plaisir à rencontrer les officiers, sous-officiers et hommes du rang. Parmi ces 700 hommes, plus d’un tiers sont décorés et l’on y compte une dizaine de sous-officiers titulaires de la Légion d’Honneur.

La recherche aéroportée, un métier de seigneurs servi par des soldats de l’ombre…

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Quelques insignes d’escadrons du 13è RDP de la collection de Robert Vergnion, UNP-Lyon.

Quelques opérations : Mauritanie 1977 ; Tchad 1978, Zaïre 1978 et 1991, RCA 1979 et 1996-1997, Togo 1986, Golfe 1990, Rwanda 1991 et 1994, Yougoslavie 1992, Cambodge 1993, Somalie 1993, Comores 1995, Bosnie 1996, Albanie 1997, Gabon 1998, Macédoine 1999, Kosovo 1999, Afghanistan depuis 2001,… et de nombreuse autres missions dont nous ignorons même l’existence.

Amicale         Portes ouvertes 2014        vidéo sur le 13

 

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